« Quel rapport peut bien exister entre l’esprit d’ingénieur et l’engagement politique ? A priori aucun. Tout opposerait même ces deux cultures ». La question n’est pas de moi mais de Sylvie Mariaud (ISEP 1988) maire-adjoint à Bois-Colombes dont vous lirez le témoignage dans ce Flash Signaux. Qu’est-ce qui pousse un ingénieur ISEP à s’investir dans la vie publique ? En y réfléchissant un peu, au-delà de notre solide formation technique, nous avons eu la chance également de pouvoir développer deux caractéristiques majeures : la capacité d’analyser/résoudre des problèmes complexes et la dimension humaine et relationnelle de notre métier. Ces deux compétences complémentaires nous ouvrent un champ quasiment illimité d’applications et la diversité des métiers et domaines de nos anciens en est une preuve. Malgré une image pas toujours flatteuse des hommes et femmes politiques au plus haut niveau, il reste un espace d’épanouissement à l’échelon local pour celles et ceux qui veulent amener leur pierre à l’édifice d’amélioration de leur écosystème. A l’instar de ceux qui s’investissent dans des associations pour le simple plaisir très gratifiant d’aider les autres, certains d’entre nous ont fait le choix de rentrer en politique. Il ne sont certainement pas très nombreux mais, à travers ce choix, ils témoignent de la valeur humaine qui est une des caractéristiques fortes de notre culture ISEP. Bonne lecture de ces témoignages passionnants et sincères et, comme c’est le dernier numéro avant l’été, tout le Conseil d’ISEP Alumni vous souhaite de bonnes vacances en vous espérant encore plus nombreux à la rentrée.Patrick Nalis (ISEP 1976) Secrétaire Général
News d’ISEP Alumni
ISEP International Suivant les défis de la mondialisation, l’ISEP met très en avant l’ouverture sur l’International dans son cursus scolaire. Présent sur les 5 continents, dans plus de 50 pays, les ingénieurs ISEP participent au rayonnement de l’école par la qualité de leur travail, par leur esprit de camaraderie et se distinguent par la diversité des carrières suivies. C’est dans ce cadre qu’ISEP Alumni International a été créé. Entité à part entière d’ISEP Alumni, son objectif est de fédérer et de garder le contact avec nos ingénieurs partis vers de nouveaux horizons, mais aussi permettre le réseautage et l’intégration des expatriés à l’échelle mondiale. Avec l’aide de référents pays, véritables points de contact pour les expatriés et l’école, seront publiés à la fois des articles dédiés à nos chers Alumnis à l’international et leurs parcours, mais aussi des conseils pratiques, pays par pays, sur la recherche d’emploi, l’intégration, l’administratif… L’organisation d’afterworks et de rencontres n’en sera également que plus facilitée. Les offres d’emploi et de stage à l’international seront également remontées via le site d’ISEP Alumni, et ses différents supports (LinkedIn, Viadeo…). C’est aussi l’occasion pour les alumnis expatriés de recevoir des news de l’école et des réalisations d’Isep Alumni, de pouvoir préparer un éventuel retour en France, et de participer activement au réseau des anciens ! Si le projet vous intéresse et que vous êtes à l’étranger, nous vous invitons à reprendre contact avec nous, que ce soit pour partager votre expérience, devenir référent ou nous aider de quelque manière que ce soit. Toute aide est la bienvenue !
ISEP Entrepreneurs L’activité d’ISEP Entrepreneurs se développe d’une manière satisfaisante. Entreprise en 2013, lors de l’AG ISEP Alumni, elle connait ces derniers temps un développement prometteur. Elle s’articule autour de plusieurs moyens :
depuis la rentrée 2014, une permanence mensuelle est tenue à l’ISEP pour accueillir les demandes de conseil ;
parallèlement à cette permanence des demandes spontanées sont suivies : actuellement 4 projets sérieux de création d’entreprise sont en cours A…, C…, T… et G…. Pour ces 4 projets, des réunions régulières ou épisodiques sont organisées avec les créateurs. Autrement 4 autres projets ont été considérés mais sont restés à un stade d’évocation, avec plus ou moins d’aboutissement dans la volonté des créateurs. Finalement une discussion a été engagée avec un repreneur pour lui permettre de tester la pertinence d’une participation. Il apparait que, dans tous les cas, la présence d’un interlocuteur bienveillant et expérimenté est un facteur de sécurité pour les entrepreneurs ;
ISEP Entrepreneurs a été invité à tenir une conférence le 28 mai 2015, devant les 24 élèves de l’option création d’entreprise de l’ISEP, en deuxième année d’école d’ingénieur, pour leur présenter les enjeux de la création et de la direction d’entreprise. Cette conférence fait l’objet d’une attention soutenue des participants pendant toute l’après midi, montrant, par là, la bonne adaptation du message transmis aux besoins ressentis. Rendez vous est d’ores et déjà pris pour l’année prochaine ;
des dîners sont organisés régulièrement par Gabriel Jarrosson (ISEP 2013) dans le cadre des “Dîners VAVIN”, rue Vavin, près de l’ISEP, qui permettent aux créateurs d’entreprise de se réunir entre eux et d’échanger sur leur devenir, leurs espoirs, leurs succès, leurs difficultés ;
dernièrement, Xavier Vaucois (ISEP 1998) a décidé de mettre en place un trophée de l’innovation “Fair Business Deal” qu’il va doter ;
enfin annuellement une table ronde, à laquelle ISEP-Entrepreneurs est invité à participer, permet à des anciens élèves, encore en activité ou non, de faire part de leur parcours entrepreneurial.
Rappelons que le projet d’ISEP Entrepreneurs est de proposer une contribution informelle, sans préalable ni engagement, à la création et à la direction d’entreprise. Elle n’impose pas de réunion périodique aux demandeurs, elle est seulement immédiatement réactive et confidentielle en réponse à une demande personnelle.
Plus concrètement l’action d’ISEP Entrepreneurs est :
d’effectuer une exploration préliminaire avec chaque demandeur, c’est-à-dire de considérer avec lui son entreprise ou son projet, le domaine et les perspectives de cette entreprise, quelle est la forme juridique sous laquelle il souhaite entreprendre, les conséquences humaines de ses choix ;
de l’accompagner ensuite par des rencontres régulières, à son initiative, de façon à ce qu’il sache qu’il dispose d’un soutien intellectuel et moral qu’il peut solliciter quand il veut ;
de l’orienter vers la structure ISEP Business Angels s’il en manifeste le souhait ;
Dans la situation actuelle, nous nous sommes donnés 5 ans pour conduire à une activité stable et reconnue. Nous sommes en bon chemin. Toutes les bonnes volontés pour participer à cette activité sont accueillies.
ISEP Business Angels ISEP Business Angels évolue. C’est dans une ambiance conviviale que l’assemblée générale d’ISEP Business Angels s’est réunie dans les locaux de l’école le 16 avril dernier. Fort de plus de 2 ans d’expérience, les membres présents ont unanimement émis le souhait de poursuivre le développement de l’association, tout en renforçant les liens avec l’école et l’association des anciens.Afin d’ouvrir les opportunités d’investissement au plus grand nombre, ISEP Business Angels a noué un partenariat avec Sowefund, l’une des premières plateformes d’investissement participatif à avoir reçu l’agrément de l’autorité des marchés financiers. Ce partenariat permettra tout d’abord de démocratiser l’investissement en offrant l’opportunité d’investir à partir de 100€ dans les projets présentés. Il permettra également pour ISEP BA et ses partenaires (Paris Business Angels,…) de compléter les tours de table par ce biais et ainsi disposer d’une capacité de financement accrue pour accompagner les projets présentés (et notamment les projets d’ipésiens en recherche de financement). Grâce à ce partenariat, les membres d’ISEP Alumni peuvent bénéficier d’une réduction de 50 € sur leur premier investissement sur la plateforme en nous contactant. Le principe de travailler une newsletter autour de l’entrepreneuriat à l’ISEP (projets portés par des diplômés, vie des associations, projets à financer, recrutement…) a été validé : n’hésitez pas à vous faire connaître si vous souhaitez y participer ou en être destinataire. Enfin, Paul Mussault (ISEP 2009), qui a cofondé et mis sur les rails l’association, a souhaité se retirer du Directoire afin de pouvoir se consacrer pleinement au développement de sa société EthiCap, basée à Londres. Il laisse sa place à Olivier Plantureux (ISEP 1998) en tant que Président de l’association. Par ces évolutions, le bureau souhaite continuer à renforcer son rôle privilégié dans le processus de financement des projets en amorçage, tout en restant un réseau ouvert au plus grand nombre pour investir, mais aussi échanger et partager autour du capital investissement.
Marc Foisil (ISEP 2003) Secrétaire d’ISEP Business Angels contact@isepba.com
ISEP Alumni au Trophée de Golf des Grandes Ecoles En 2014, un ami golfeur issu d’une école comparable à l’ISEP s’étonne devant moi que l’ISEP ne soit pas représentée au Tournoi des Grandes Ecoles. Et voilà, l’histoire commence, je contacte le Président du TGE qui, très chaleureusement, me propose d’assister au diner de fin de saison. Bonne ambiance, un mélange “ingés”/”commerçants” très convivial. Plusieurs messages d’ISEP Alumni à ses membres fin 2014 et nous créons notre équipe -commune, cette année, avec Supelec (on aurait pu avoir pire comme partenaires !!)-. 18 Isépiens dans l’équipe ; peu d’entre nous se connaissaient auparavant mais la culture ISEP est là, nous nous reconnaissons… Tous ne sont pas présents à chaque compétition mais c’est le deal. Le principe du tournoi est simple : 5 compétitions par an, 12 joueurs maximum par équipe par compétition, les 6 meilleures cartes retenues à chaque étape. Nous en sommes encore aux balbutiements de notre participation : derniers de notre poule au premier tour, avant-derniers après le deuxième. Encore trois tours pour remonter mais il sera difficile de détrôner les ESCP qui se battent dur pour garder leur première place. Quoi qu’il en soit, nous passons de bons moments, et faisons de belles rencontres dans des environnements magnifiques. Que demander de plus ? Pour la prochaine newsletter d’ISEP Alumni, nous promettons une photo de l’équipe et la suite des résultats. Si vous voulez nous suivre : www.tgetour.com Et pour rejoindre l’équipe : ghislainehenry@gmail.com
Ghislaine Henry (ISEP 1983) Capitaine d’équipe
Les ingénieurs ISEP élus territoriaux
Dans une de ses études, l’IESF (Ingénieurs et Scientifiques de France) note que les ingénieurs et scientifiques représentent une population importante : plus d’un million d’ingénieurs, 32 000 nouveaux diplômés chaque année, et 200 000 scientifiques, c’est à dire titulaires d’un diplôme scientifique universitaire. Les médecins ne sont que 240 000, les avocats quelques dizaines de milliers. Mais ils sont largement sous-représentés en politique, au Gouvernement, au Parlement, dans les collectivités. Le Gouvernement ne compte plus d’ingénieurs, le Parlement seulement 12, et rares sont les ingénieurs parmi les élus locaux. Parmi les maires, adjoints, conseillers généraux ou régionaux, nous trouvons un tiers de retraités et une très faible proportion de personnes issues du secteur privé. Une loi «visant à faciliter l’exercice par les élus locaux de leur mandat» a été adoptée le 31 mars. Elle donne un statut protégé aux élus conservant leur profession et instaure un «droit à réintégration» pour ceux qui cessent d’exercer leur activité. Ce texte prévoit non seulement de doubler la durée d’indemnisation des élus après la fin de leur mandat, mais instaure, notamment pour les élus des communes de plus de 10.000 habitants, un «droit à réintégration jusqu’à l’expiration de deux mandats consécutifs». Il est à noter que l’élu local a des responsabilités claires, des capacités d’action fortes. Il peut penser, réaliser, et voir le résultat des actions entreprises, car il s’inscrit dans un “temps long”. Les ingénieurs, ici, ont un rôle important : ils traduisent les idées du politique en prenant en compte les risques, en appréciant le rapport qualité/prix. Le rôle des techniciens (des ingénieurs) est donc primordial car il permet de présenter les choses clairement, et la relation élu/technicien est essentielle. C’est dans ce contexte, que nous avons voulu vous faire-part de 4 expériences d’ingénieurs ISEP élus locaux : Voici des hommes et des femmes diplômés de l’ISEP, du sud au nord de la France de toute génération qui osent prendre part à la vie publique de leur commune.Joël Le Jeune (ISEP 1969) maire de Trédrez-Locquémeau et président de la Communauté d’Agglomération de Lannion-Trégor La vie publique m’a toujours intéressé, mais je n’aurais jamais pensé, jeune, m’y investir autant que je l’ai fait. Je m’y suis lancé à mon retour en Bretagne, en 1982, après avoir couru un peu le monde, mon diplôme d’ingénieur en poche depuis 1969. Aux élections municipales de 1983, je fus sollicité par l’équipe du maire de la petite commune littorale de Trédrez-Locquémeau (1060 habitants à l’époque, 1450 aujourd’hui), à une dizaine de kilomètres de Lannion. J’ai accepté ce premier engagement, en devenant adjoint au maire, puis maire depuis 1989. Je le suis toujours, pour un sixième et dernier mandat,…La fonction de maire m’a passionné, surtout sur le plan humain. Bien sûr j’ai agi pour développer ma commune, sans sacrifier son caractère naturel et son patrimoine exceptionnel, mais j’ai particulièrement apprécié surtout le contact, l’entraide, la convivialité, le bien-vivre ensemble… Très tôt, je me suis aussi investi dans la coopération intercommunale autour de notre ville-centre, Lannion. Je suis depuis 2008 le président de la Communauté d’Agglomération de Lannion-Trégor, qui rassemble aujourd’hui 38 communes et 90.000 habitants… Ce territoire est singulier, avec son pôle high-tech créé dans les années 1960 par une action volontariste de l’État qui décida alors de décentraliser le CNET. Ce pôle se diversifie aujourd’hui dans l’optronique, la mécanique, le développement durable,… Enseignement supérieur et recherche constituent des atouts majeurs, avec la présence de leaders mondiaux des télécoms (Orange Labs, Nokia/Alcatel-Lucent, Ericsson,…) et aussi avec le développement d’un riche tissu de P.M.E… La Côte de Granit Rose, autour de Perros-Guirec est un autre attrait du territoire, offrant aux habitants du Trégor un lieu de vie exceptionnel : un cadre de vie à taille humaine où notre Agglomération exerce toutes les compétences désormais communautaires non seulement en matière économique, mais aussi dans l’environnement, les services à la population, l’action sociale, l’habitat… A l’heure de la métropolisation et de la concurrence entre territoires, nous faisons valoir tous nos atouts, en surmontant en particulier au nom de l’intérêt général, les clivages politiques. Le développement harmonieux de ce territoire me passionne, et m’occupe aujourd’hui encore complètement. Je m’investis aussi comme président du Syndicat Mixte Vigipol qui lutte à l’échelle de la Bretagne contre toutes les pollutions d’origine maritime, à la suite de notre combat contre Amoco à la fin du 20è siècle…Voilà l’engagement citoyen qui a été et est encore le mien. Je n’en ai jamais fait profession, étant parvenu à concilier, au prix de quelques sacrifices, mes fonctions à Alcatel-Lucent et mes fonctions électives. Je ne regrette pas cet engagement. NB. Pour en savoir plus, visitez les sites de Trédrez-Locquémeau et de Lannion-Trégor-Communauté.Marie-Claude Berly (ISEP 1972) maire-adjoint à Montauban Montauban est la 2ème ville de Midi-Pyrénées avec ses 60.000 habitants. Aux dires de l’INSEE, elle accueillera le plus d’habitants à l’horizon 2020, avec de plus la concrétisation de la ligne LGV Bordeaux-Toulouse avec arrêt à Montauban.Je suis entrée en politique complètement par hasard. Quand je suis arrivée à Montauban en 2001, je connaissais cette ville depuis 1973, année de mon mariage, car c’était la ville de ma belle-famille. Je n’aimais pas cette ville de province ratatinée sur elle-même dans laquelle je m’ennuyais cruellement. 2001 est l’année des élections municipales. Une jeune avocate, Brigitte Barèges, avait décidé de se présenter pour offrir une alternative à l’équipe en place et au parti politique qui depuis 74 ans dirigeait cette ville sans partage. Une amie commerçante m’a présentée à cette avocate et c’est ainsi que tout a commencé, puisque environ 3 semaines après ce 1er contact, elle m’a appelée pour me proposer une place sur sa liste. Alors directeur de projets dans une SSII parisienne j’ai demandé ma mutation à l’agence de Toulouse, mutation acceptée mais sous condition de monter dans cette agence une antenne SAP. Impossible dans ces conditions de prendre une part active dans la vie locale. C’est la raison pour laquelle, j’ai pris la place de 42/45 sur la liste des municipales. J’ai pris une part active à la campagne et contre toute attente Brigitte a été élue maire de Montauban. Fidèle à ses promesses et bien que ne siégeant pas au conseil municipal (sur 45 membres du conseil il y avait 35 membres de la liste gagnante et 10 de la liste d’opposition), j’ai suivi la vie municipale et participé à plusieurs commissions extra-municipales jusqu’en 2007 où au gré des démissions je suis entrée au conseil municipal comme conseiller de base. En 2008, piquée par cette vie excitante je suis repartie au combat à ses côtés et cette fois ci, comme j’étais proche de la retraite, j’ai accepté après la victoire de prendre un poste d’adjoint. Ma délégation de 2008 à 2014 a été celle du développement durable, de l’eau et de l’assainissement, des parcs et jardins, de la propreté et de la gestion des déchets.Depuis 2014, même délégation avec en plus les réseaux : éclairage public, fibre optique et autres réseaux comme GRDF, ERDF…. et l’informatique. Ces différentes délégations qui m’ont été confiées sont liées à ma formation technique. Il faut ajouter à cela : – Un poste de conseiller communautaire de la communauté d’agglo : GMCA – Une vice-présidente du SIRTOMAD : syndicat de traitement des déchets pour 100.000 habitants du 82 – Le poste de directrice générale de l’abattoir municipal.Je n’ai jamais regretté mon choix de m’investir dans la politique locale, Montauban a beaucoup évolué, elle est devenue ma ville, celle que je ne quitterai pas et pour laquelle comme tous les élus locaux de France, je me dévoue sans compter. Ma formation d’ingénieur me permet d’appréhender tous les sujets dans leur globalité, de pouvoir rapidement synthétiser toutes les informations, d’analyser les choix possibles en prenant en compte à la fois la technique, le financier, l’humain, la communication et surtout de donner à Mme Le Maire une analyse des risques des diverses solutions. Cela permet également de « faire le poids » vis-à-vis des services techniques, ils savent tous, et ce quel que soit le domaine, que l’on ne peut pas me raconter n’importe quoi et que je suis exigeante quant à l’exhaustivité, la clarté et le rendu de leurs dossiers. Bien sûr cela m’a permis de gagner la confiance de Mme Le Maire, elle sait qu’elle peut compter sur moi, sur ma loyauté, ma discrétion et ma fidélité. C’est aussi ce que j’ai appris au cours de mes études et de mon parcours professionnel : être un manager loyal, disponible et pertinent et ne jamais oublier que l’Homme doit être au cœur de toutes les décisions. La vie politique au niveau local c’est avant tout, travailler pour ses Administrés, ne jamais confondre intérêt général et intérêt particulier, ne pas faire de favoritisme et en même temps ne jamais se décourager…Je prétends que sur le plan local et régional je suis reconnue pour la pertinence de mes propos et cela fait que je représente ma ville et la communauté d’agglo pour beaucoup de sujets aussi divers que le Plan Communal de Sauvegarde, ou l’ARPE (Société Publique Locale régionale pour l’environnement), les syndicats d’irrigation… C’est un travail à temps plein que je fais avec passion. Je veux juste ajouter que je suis depuis 2010 la secrétaire départementale de l’UMP.
Denis Bernaert (ISEP 1987) maire-adjoint à Croissy sur Seine, 3ème mandat, par ailleurs cadre dirigeant dans une société High Tech américaine. Malheureusement aujourd’hui la représentation nationale ne représente pas équitablement la sociologie économique de la population ; c’est moins vrai au niveau local mais il reste tout de même de fortes disparités notamment entre non actifs et actifs. Après un 1er mandant consacré au développement économique au commerce et à l’emploi, je suis aujourd’hui maire adjoint en charge des finances ; sujet critique, plus que d’actualité avec la baisse drastique des dotations publiques, et le ras le bol fiscal des citoyens… Comment faire mieux (et non plus) avec moins ? Lancer les investissement indispensables, optimiser les coûts de fonctionnement… Dans ce contexte, ma formation scientifique, et mon expérience de la vie économique réelle, m’apportent la rigueur mais aussi les idées et l’adaptabilité nécessaires aux changements incontournables.
Pourquoi me suis-je engagé, et y suis encore pour un 3ème mandat ? – Besoin à titre personnel d’un engagement local, concret, avec des résultats que se voient (comme d’autres s’engagent pour leur paroisse, les scouts, dans des associations, des clubs de sport). – Importance de la cité dans la vie de tous les jours des habitants. – Partage de mon expérience de l’entreprise, pour améliorer la vie des gens – Travail en équipe très diverse, dans un environnement très différent de l’entreprise, donc enrichissant et rafraîchissant. – Défense de choix politique libéraux.
Sylvie Mariaud (ISEP 1988) maire-adjoint à Bois-Colombes. Quel rapport peut bien exister entre l’esprit d’ingénieur et l’engagement politique ? A priori aucun. Tout opposerait même ces deux cultures. D’un côté, il y aurait la passion du réel, de la recherche et de l’innovation. De l’autre, la passion des mots, de l’imaginaire et de la communication. Dans la réalité, on s’en doute, les choses sont très différentes. De même que les ingénieurs ne se réduisent pas à des techniciens, les politiques ne sont pas uniquement des professionnels de la parole. On peut aimer, comme c’est mon cas, résoudre des problèmes concrets par une approche rationnelle et se prendre de passion pour la politique. C’est particulièrement vrai à l’échelon local. Et je le dis en connaissance de cause : voilà huit ans que je suis adjointe au maire. Je me suis engagée sur un coup de tête. Un jour, j’ai appelé le maire que je ne connaissais pas personnellement pour lui proposer de rejoindre son équipe. En acceptant ma proposition, il m’a permis de découvrir un monde bien différent de celui que j’imaginais. Un monde où le lien hiérarchique et l’argument d’autorité sont quasiment absents. Un monde où les mots sont déterminants non pas tant pour séduire que pour agir, où il faut surmonter des peurs et des incompréhensions pour convaincre. Un monde aussi, où le décalage entre la parole et les actes s’observe rapidement et se voit dénoncé presque aussi vite. Ce monde est exigeant. Il suppose de concilier des attentes contradictoires, une montée de l’individualisme et une attente forte en matière de civisme, une accélération du temps et des procédures de plus en plus lourdes, des demandes nombreuses et des possibilités financières de plus en plus réduites. Mais si l’on se prend de passion pour ces problèmes, le mandat d’élu est passionnant. Il offre la possibilité d’améliorer le quotidien. Après avoir fait mes premiers pas à la tête d’une délégation typiquement féminine -l’action sociale et familiale-, j’exerce maintenant la responsabilité d’une délégation beaucoup plus technique puisqu’il s’agit de définir les orientations et les priorités en matière de bâtiments publics, de voirie et de transports. Les sujets sont variés et vont de la satisfaction des besoins immédiats (entretien des bâtiments et de la voirie, stationnement, enfouissements des réseaux, …) à une vision à beaucoup plus long terme de l’avenir de la ville, dans des domaines aussi stratégiques que la transition énergétique ou le Grand Paris Express. Alors, si votre vie professionnelle et personnelle vous laisse la possibilité de vous investir au niveau local, n’hésitez pas. Décrochez votre téléphone. Contactez l’élu qui défend vos idées. Et allez-y : la politique a besoin des ingénieurs et les ingénieurs ont à apprendre de la politique !
Nous citerons encore Jacques Mougenot (ISEP 1970) ancien maire-adjoint d’Asnières qui a quitté le conseil municipal lors des dernières élections. A l’époque, il a osé se positionner alors qu’il n’était pas du tout convaincu par la gestion de sa ville. Du fait de sa formation scientifique, il a eu en charge la délégation au développement économique, à l’emploi et aux relations avec les entreprises. Il y avait tout à faire ! Pendant quelques années, il a réussi à mener de front : – sa carrière qui s’est déroulée essentiellement chez Axa comme DSI de 1982 à 1998 puis au PMU en qualité de directeur du projet Pégase, – sa passion de la musique. Initialement hautboïste, il a fondé avec son épouse, l’ensemble ARTEFONIA (musiciens et chœurs) en 1992. – son mandat d’élu.
Bien d’autres diplômés ISEP non cités ici ont su aussi prendre part à la vie publique et nous leur rendons hommage pour toutes ces années passées au service public. Pour terminer, à la réflexion de Valéry Giscard d’Estaing qui estime que le monde politique manque d’ingénieurs… voici la réponse de David Thesmar, Economiste, professeur à HEC. (L’Opinion, 18 août 2014) : « Je pense que c’est vrai. L’ingénieur se laisse moins prendre par la magie du verbe et est culturellement plus sensible aux contraintes de la réalité. Son discours est aussi davantage contraint par la logique et la cohérence (par exemple une chose et son contraire ne peuvent être vrais simultanément !). Je pense que l’ingénieur-politique est une partie de la solution au « bug » démocratique, cette dérive que nous observons tous, où le politique devient un acteur à temps plein, entouré d’une équipe de communicants, sans aucune contrainte dans le discours, ni responsabilité opérationnelle, donc sans aucun sens de ce qui est faisable, et de ce qui ne l’est pas. C’est ce décalage qui à mon sens fait que les gens ne croient plus à la politique. L’ingénieur-homme politique allie pragmatisme, cohérence et culture du résultat. Même s’il n’est pas capable d’envolées lyriques, il apporte un réalisme que l’électeur peut apprécier. »
L’ISEP et Stanford
Parfois les rencontres de hasard donnent lieu aux projets pérennes. C’est ainsi que les échanges entre Stanford et l’ISEP ont commencé. En mars 1996, le professeur Jacques Girard a été invité par Ralph Hester, professeur de français à Stanford pour participer à un colloque, assez restreint, au sujet de la France, du français, de l’ingénierie, et des études interdisciplinaires sur le campus américain. Cette participation a créé des liens inattendus entre la France et les Etats-Unis, entre des professeurs littéraires et des ingénieurs, entre des Américains et des Français. Comme en 1999, j’étais à la recherche d’une institution française qui puisse héberger le programme de Stanford à Paris, Monsieur Hester a pensé immédiatement à ses collègues français et à leur école, l’ISEP, située au cœur du quartier de Montparnasse. Après une première invitation à visiter les lieux, accordée par le directeur général de l’époque, Jean Fonteneau (ISEP 1960), et ensuite par Michel Ciazynski une année plus tard, j’ai été immédiatement séduite par la situation de l’école, certes, au cœur de Montparnasse, mais pas seulement. J’ai trouvé les membres de l’équipe de l’ISEP accueillants, ouverts et prêts à envisager ensemble un grand nombre de projets pour nos élèves réciproques. Par ailleurs, le petit musée Branly au sein de l’Institut Catholique et le site de l’ISEP, dont l’existence est souvent ignorée par les parisiens eux-mêmes, me semblaient représenter un lieu idéal et symbolique pour accueillir notre Centre car il fusionnait, par son architecture, par son histoire et par son contenu, la France traditionnelle et la France de la modernité, de l’insolite et de l’innovation. Bref, un lieu d’exploration parfait pour nos jeunes étudiants de Stanford. En 2001, nous nous y sommes installés; quinze ans plus tard nous y sommes toujours. Qui aurait pensé en 1996, que les études interdisciplinaires entre scientifiques et humanistes seraient au cœur du débat à propos des études à l’étranger dans le monde entier en 2015 ? Décidément , nous étions en avance…Aujourd’hui, dans le même esprit, l’ISEP et Stanford peuvent être fiers d’avoir lancé, avec l’école de design ESAG plus connue sous le nom Penninghen, un des rares véritables projets qui soit à fois international, interdisciplinaire et appliqué : Puissance Trois. Ce projet oblige nos étudiants à innover, à imaginer et à créer ensemble des produits qui changeront notre société de demain.A suivre…
Estelle Halevi, Directeur Stanford University Program in Paris
Revue de presse
Damien Lafaurie (ISEP 1990) nommé président des champagnes Piper-Heidsieck. Lire l’article
Yves Bonnet (ISEP 2005) nommé secrétaire général du Conseil National du Numérique. Lire l’article
Raodath Aminou (ISEP 2011) fondatrice d’OptiMiam, interviewée sur RTL à propos de sa lutte contre le gaspillage alimentaire . Lire l’article
L’ISEP dans la presse écrite
L’ISEP forme les ingénieurs de demain dans un domaine en constante transformation. Les futurs diplômés de l’ISEP conscients de l’importance des premières années d’une carrière dans le numérique : Lire l’article
Les ingénieurs ISEP se destinent à des carrières aussi variées que passionnantes : Lire l’article
Et si vous aviez oublié…
Pensez à mettre à jour vos données dans l’annuaire des diplômés de l’ISEP.
Décès Nous avons le regret de vous annoncer les décès de plusieurs de vos camarades : – Yves Sévy (ISEP 1963) le 11 mai 2014 – Jean-Claude Husson (ISEP 1962) le 20 février 2015 – Robert Prido (ISEP 1959)