Bertrand Schmitt (ISEP 1999), fondateur d’App Annie

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App Annie est devenu une rĂ©fĂ©rence mondiale dans le mobile …

Cette sociĂ©tĂ© spĂ©cialisĂ©e dans l’analyse de donnĂ©es mobiles a franchi les 100 millions de dollars de revenus en 2018. Elle a Ă©tĂ© créée en 2010 par Bertrand Schmitt, l’un des pionniers du web mobile français.

App Annie

App Annie est l’une des belles rĂ©ussites aux couleurs françaises dans le monde du mobile. En 2018, la sociĂ©tĂ© a franchi pour la premiĂšre fois la barre des 100 millions de dollars de revenus annuels. « Nous conservons la tendance de ces derniĂšres annĂ©es avec une croissance Ă  deux chiffres de notre chiffre d’affaires Â», confie Bertrand Salord, vice-prĂ©sident marketing chez App Annie. TrĂšs internationale, la sociĂ©tĂ© gĂ©nĂšre 40 % de ses revenus aux Etats-Unis, 40 % en Asie-Pacifique et 20 % en Europe.

Le fondateur et patron du groupe, Bertrand Schmitt, l’un des pionniers du web mobile français a eu du flair. Il crĂ©e  App Annie en 2010, soit deux ans aprĂšs le lancement des boutiques en ligne d’applications  d’Apple (App Store) et  Google (Play Store).

Le crĂ©neau d’App Annie ? L’analyse de donnĂ©es mobiles. La start-up propose une palanquĂ©e de datas sur les applications : temps passĂ© sur une « appli », recettes gĂ©nĂ©rĂ©es par celles-ci, son volume de tĂ©lĂ©chargement, etc.

Des clients prestigieux

Des outils trĂšs prĂ©cieux pour de nombreux groupes alors que l’usage mobile a explosĂ© ces derniĂšres annĂ©es. En 2018, les dĂ©penses des consommateurs ont franchi le  cap des 100 milliards de dollars sur l’App Store, le Play Store et les magasins Android tiers en Chine, selon… App Annie justement.

A l’instar de nombreuses « applis », le groupe a pour modĂšle le « freemium Â». Plus de 1 million d’utilisateurs se servent ainsi de ses outils en libre accĂšs. En sus, la sociĂ©tĂ© compte prĂšs de 1.100 clients abonnĂ©s Ă  ses services additionnels et plus qualitatifs (des donnĂ©es de marchĂ©s notamment) facturĂ©s de 15.000 dollars Ă  plusieurs millions Ă  l’annĂ©e. « Nous ne vendons pas du service, mais des souscriptions Ă  nos donnĂ©es, sur le modĂšle du SaaS (« software as a service Â») Â», prĂ©cise Bertrand Salord.

Parmi eux, Coca-Cola, eBay, Amazon, PayPal ou encore TripAdvisor. Et de nombreux Ă©diteurs de jeux mobiles, la clientĂšle historique d’App Annie ; ces sociĂ©tĂ©s Ă©tant celles qui rĂ©alisent le plus de revenus dans l’Ă©cosystĂšme mobile. « Nous avons aussi de plus en plus de clients issus de secteurs plus traditionnels : des banques, des commerçants, des chaĂźnes de tĂ©lĂ©, etc Â», Ă©numĂšre Bertrand Salord.

Plus de 150 millions de dollars levĂ©s depuis 2010

Les effectifs d’App Annie se montent Ă  350 salariĂ©s et se rĂ©partissent pour l’essentiel entre San Francisco, oĂč siĂšge le groupe, et PĂ©kin oĂč travaillent les Ă©quipes de recherche et dĂ©veloppement.

Lors de son dernier tour de table dĂ©but 2016, le groupe a rĂ©coltĂ© 63 millions de dollars. En tout, App Annie a rĂ©coltĂ© plus de 150 millions depuis ses dĂ©buts. Quelle est la prochaine Ă©tape ? « EntrĂ©e en Bourse ou nouvelle levĂ©e de fonds : toutes les options sont sur la table, mais il n’y a aucune urgence Â», fait valoir Bertrand Salord.

Rentable, la sociĂ©tĂ© se concentre surtout sur son dernier service lancĂ© ce mardi et intitulĂ© « Mobile Web Intelligence Â». « DĂ©sormais, nous serons Ă  mĂȘme de proposer le mĂȘme type de donnĂ©es sur les sites web mobiles et plus seulement les applications Â», dĂ©taille Bertrand Salord. « 90 % de l’usage mobile se fait via les applications et 10 % sur les sites web mobiles, mais cela nous permet de complĂ©ter notre offre et d’apprĂ©hender l’ensemble de l’expĂ©rience mobile d’un utilisateur Â». Et cela devrait aussi nourrir la croissance d’App Annie en 2019.

Nicolas Richaud @NicoRichaud
Les Echos.fr
22/03/2019