
Les émotions d’un Dinosaure
Le vendredi 25 mars, j’ai vécu des moments forts lors de la remise des diplômes à la promotion 2021.
J’étais là, invité par mon petit-fils, Raphaël Olivier, membre de cette promotion. Ayant été moi-même diplômé en 1961, cela représentait un retour en arrière de 60 ans. Une éternité pour ceux qui allait être diplômés.
En entrant dans le pavillon d’Armenonville, ma surprise a été grande de voir le cadre de cette cérémonie et les Isépiens en costume avec l’étole ISEP et la toque des diplômés. Je me rappelais que pour le même évènement en 1961 cela s’était passé, en toute intimité, devant notre Ecole alors installée dans l’Institut Catholique au-dessus du musée Branly, dans un cadre un peu gris, notre tenue étant la blouse blanche !! Ces retrouvailles avec mon Ecole m’avaient rendu plutôt euphorique et je n’ai pu m’empêcher de me diriger vers un groupe de nouveaux anciens élèves pour leur faire part de ma joie d’être à cette cérémonie, étant moi-même Isépiens de 1961. Devant leur étonnement je me suis rendu compte que pour eux j’étais un vrai dinosaure.
La seconde surprise fut la photo d’ensemble de la promotion et je n’ai pu m’empêcher de demander à Monsieur Abboud, en me présentant, quel était le nombre de diplômés. En entendant le chiffre de 370, je me suis rappelé que notre promotion n’était que de 55.
La succession de discours, suivie de la remise des diplômes, m’ont permis de me rendre compte de l’évolution de l’ISEP. J’en avais plus ou moins une idée, mais pas à ce point. Mais il est vrai qu’en 60 ans la technique et la société ont fortement changées. A notre époque on ne parlait pas du WEB, de la connectique, de la téléphonie (sauf pour essayer d’avoir une ligne téléphonique filaire dans l’appartement) et bien d’autre choses. Mais on parlait des semis conducteurs dont c’était le démarrage. Je me rappelle d’une discussion avec Raphaël, pour lui demander s’il apprenait le fonctionnement des transistors mais sa réaction, m’a fait comprendre que nos formations respectives étaient à des années lumières l’une de l’autre. Et encore je ne lui avais pas parlé des tubes cathodiques qui à l’époque équipaient les ordinateurs et les postes (radio et TV) et que nous étudions en première année. Nous avions un seul cursus.
Au cours de cette cérémonie, j’ai pensé que ces nouveaux ingénieurs entrant dans la vie active, allaient trouver un contexte économique particulièrement dégradé par la pandémie et la guerre en Ukraine. Et je me suis souvenu que nous aussi on était dans un contexte particulier. Tout d’abord l’Ecole était jeune et le diplôme ne fut officiellement reconnu qu’en 1961, aussi quelques élèves des 2 premières promotions ont été embauchés comme techniciens. En plus nous étions en pleine guerre d’Algérie, ce qui obligeât certains élèves au bout de leur sursis, à devoir interrompre leur cursus pour faire leur service militaire et terminer leur formation ensuite.
Je ne peux m’empêcher de faire 2 recommandations à ces nouveaux ingénieurs. Tout d’abord soyez toujours fiers de votre Ecole et n’hésitez pas à la mettre en valeur car elle le mérite. Et adhérez à ISEP Alumni qui est un lien fort entre les Isépiens et fait beaucoup pour l’Ecole et son rayonnement. Raphaël et Boris dans leur discours d’introduction, ont utilisés les mots « illustres savants »« jeunes adultes ambitieux et raisonnables » pour définir votre nouveau statut, j’ajouterais que vous allez être des leaders mais qui devront être attentifs au coté humain de leur activité , comme l’Ecole continue depuis plus de 60 ans à le mettre dans sa formation.
Je souhaite à tous ces nouveaux diplômés, bonne chance pour la nouvelle vie qui s’ouvre à eux.
Jacques Soulages (Promotion Véronique)