La dĂ©construction des rĂ©acteurs nuclĂ©aires d’EDF
Les rĂ©acteurs arrĂȘtĂ©s d’EDF
La vie d’une centrale nuclĂ©aire compte 3 phases : sa construction, son exploitation et sa dĂ©construction. Cette derniĂšre Ă©tape est en cours pour 11 rĂ©acteurs EDF, 8 dits de premiĂšre gĂ©nĂ©ration ou prototypes construits entre 1960 et 1975 : le RĂ©acteur Ă Eau Lourde (REL) de Brennilis, le RĂ©acteur Ă Eau PressurisĂ©e (REP) de Chooz A, les 6 rĂ©acteurs Uranium Naturel Graphite Gaz (UNGG) de Chinon (A1, A2 et A3), Saint Laurent (A1 et A2) et Bugey 1. Ă ces 8 rĂ©acteurs viennent s’ajouter le RĂ©acteur Ă Neutrons Rapides (RNR) de Creys-Malville (SuperphĂ©nix) et les 2 REP de Fessenheim. En France, la responsabilitĂ© de la dĂ©construction des sites arrĂȘtĂ©s a Ă©tĂ© confiĂ©e Ă l’exploitant[1], c’est donc EDF qui assure la maĂźtrise d’ouvrage des chantiers de dĂ©construction de ces 11 rĂ©acteurs issus de 4 technologies diffĂ©rentes.
[1] D’autres pays comme le Royaume Uni ou les Etats Unis n’ont pas fait ce choix : l’Ă©tat attribue la licence de dĂ©construction aprĂšs un appel d’offre Ă un acteur privĂ© qui peut ne pas ĂȘtre l’exploitant de l’installation.
Les risques liés à la déconstruction
La premiĂšre action menĂ©e sur un rĂ©acteur arrĂȘtĂ© est le retrait puis l’Ă©vacuation de son combustible. Une fois le combustible Ă©vacuĂ©, on a alors retirĂ© 99,9% de la radioactivitĂ© du site. La seconde action consiste Ă retirer les installations dites conventionnelles (qui ne prĂ©sentent pas de radioactivitĂ©) avant de dĂ©buter les travaux de dĂ©mantĂšlement dans la zone nuclĂ©aire.
Bien sĂ»r le risque radiologique d’irradiation et surtout de contamination reste prĂ©sent et prĂ©side bien souvent aux dĂ©cisions que nous avons Ă prendre quant aux mĂ©thodes possibles d’opĂ©ration, par exemple la tĂ©lĂ©-opĂ©ration. Mais nous sommes Ă©galement confrontĂ©s au risque amiante et au risque plomb, deux risques inhĂ©rents aux matĂ©riaux utilisĂ©s Ă la pĂ©riode de construction de ces installations. Parfois, ces trois risques se combinent sur un mĂȘme chantier, rendant particuliĂšrement ardue sa rĂ©alisation.
De plus, comme tout chantier de déconstruction, les risques liés aux levages, à la manutention, aux découpes sont omniprésents.
Enfin, la plupart des Ă©tudes de sĂ»retĂ© considĂšrent l’incendie comme risque prĂ©pondĂ©rant. De nombreuses parades sont donc mises en place pour le prĂ©venir et, le cas Ă©chĂ©ant, le combattre.
La stratégie de démantÚlement
Lorsque, dans les annĂ©es 1980-90, les premiers rĂ©acteurs ont Ă©tĂ© arrĂȘtĂ©s, la stratĂ©gie de dĂ©construction consistait Ă attendre la dĂ©croissance radiologique avant d’entreprendre le dĂ©mantĂšlement des Ă©quipements prĂ©sents en zone nuclĂ©aire. Mais, au dĂ©but des annĂ©es 2000, le retour d’expĂ©rience international a montrĂ© que les inconvĂ©nients de cette stratĂ©gie surpassaient ses avantages : d’une part, la perte de mĂ©moire de l’historique des matĂ©riels et des circuits rendait difficile la rĂ©alisation des activitĂ©s et les fonctions supports indispensables aux chantiers de dĂ©construction (moyens de levage, systĂšmes Ă©lectriques, ventilations) devenaient rapidement soit obsolĂštes, soit inutilisables faute d’entretien. D’autre part, la diminution de la radioactivitĂ© de la plupart des Ă©quipements n’Ă©tait pas compatible avec un dĂ©lai raisonnable de dĂ©construction. Ainsi,
un consensus international, portĂ© par la voix de l’AIEA (Association Internationale de l’Energie Atomique), et relayĂ© par l’ASN (AutoritĂ© de SĂ»retĂ© NuclĂ©aire) française a prĂŽnĂ© une dĂ©construction « dans des dĂ©lais aussi courts que possible ». Ce principe a depuis Ă©tĂ© intĂ©grĂ© dans la loi française (article L593-25 du code de l’environnement). En 2001, EDF a donc engagĂ© une rĂ©organisation pour se doter d’un centre d’expertise en matiĂšre de dĂ©construction. La DP2D (Direction des Projets de DĂ©construction et DĂ©chets) pilote les projets de dĂ©construction et de gestion de dĂ©chets. Elle prend Ă©galement part au projet CIGEO (Centre d’enfouissement en couches gĂ©ologiques profondes pour les dĂ©chets Moyenne et Haute activitĂ© vie longue) pilotĂ© par l’Andra (Agence nationale de gestion des dĂ©chets radioactifs). Cette direction d’EDF mĂšne le projet de construction d’une piscine centralisĂ©e pour l’entreposage des Ă©lĂ©ments combustibles usĂ©s en attente de traitement par les usines d’ORANO Ă La Hague. La DP2D rĂ©unit plus de 500 personnes, ingĂ©nieurs d’Ă©tudes, pilotes de projets, appuis techniques et mĂ©tiers tertiaires en support, et a son siĂšge Ă Lyon. Elle est Ă©galement prĂ©sente sur chaque site en dĂ©construction, avec des Ă©quipes d’ingĂ©nieurs et de techniciens dotĂ©es d’effectifs variant, selon les sites, d’une quinzaine de personnes Ă une petite centaine.
Les déchets nucléaires
La production d’Ă©lectricitĂ© Ă partir de la fission atomique entraine inĂ©vitablement la production de dĂ©chets radioactifs. Parmi ces dĂ©chets, 90% sont des dĂ©chets Ă vie courte, c’est-Ă -dire dont la pĂ©riode radioactive[1] n’excĂšde pas 31 ans (pĂ©riode radioactive du 137Cs). Les 10% restant sont des dĂ©chets Ă vie longue dont la pĂ©riode radioactive peut atteindre plusieurs milliers d’annĂ©es (le 239Pu a une pĂ©riode de 24110 ans).
En France, c’est l’Andra qui est chargĂ©e de mettre en place les solutions de gestion des dĂ©chets nuclĂ©aires. Pour les dĂ©chets Ă vie courte, 2 sites de stockage existent :
– le CIRES (Centre Industriel de Regroupement d’Entreposage et de Stockage) situĂ© Ă Morvilliers, dans l’Aube, accueille les dĂ©chets de TrĂšs Faible ActivitĂ© (TFA[2]).
– le CSA (Centre de Stockage de l’Aube), situĂ© Ă Soulaines, accueille les dĂ©chets Faible et Moyenne ActivitĂ© (FMA ou FAMA)
Les déchets radioactifs qui sont stockés dans ces centres doivent respecter des critÚres de tri trÚs stricts et sont conditionnés dans des emballages qualifiés et adaptés à leur condition et durée de stockage.
Pour les dĂ©chets Moyenne et Haute ActivitĂ© Ă vie longue (dĂ©chets liĂ©s au traitement du combustible ou aux structures mĂ©talliques qui l’entourent) l’Andra construit actuellement l’installation CIGEO qui permettra de stocker dans des conditions sĂ»res ces dĂ©chets, avec une possibilitĂ© de rĂ©versibilitĂ© pendant les 100 premiĂšres annĂ©es de stockage.
Pour les dĂ©chets de faible activitĂ© Ă vie longue, les Ă©tudes technico-Ă©conomiques sont encore en cours entre les exploitants et l’Andra pour dĂ©finir la meilleure solution.
Pour complĂ©ter ces installations de stockage, EDF s’est dotĂ© de centres d’incinĂ©ration et de fusion de mĂ©taux. Ces installations, exploitĂ©es par sa filiale Cyclife, sont situĂ©es en France, en SuĂšde et au Royaume-Uni. De plus, dans l’attente de la mise en exploitation de CIGEO, un centre d’entreposage des dĂ©chets moyenne activitĂ© vie longue a Ă©tĂ© construit Ă cĂŽtĂ© du site de Bugey : ICEDA (Installation de Conditionnement et d’Entreposage des DĂ©chets ActivĂ©s). Enfin, un projet de Technocentre est Ă l’Ă©tude Ă proximitĂ© de Fessenheim, afin de traiter et valoriser les gros composants mĂ©talliques TFA issus de la dĂ©construction des REP lorsque la loi française le permettra (une directive europĂ©enne de 2013 le permet et a dĂ©jĂ Ă©tĂ© adoptĂ©e par la plupart des autres pays europĂ©ens).
La déconstruction des réacteurs actuellement en exploitation
Les rĂ©acteurs qui approvisionnent aujourd’hui la France en Ă©lectricitĂ© sont issus du rachat et de l’adaptation, dans les annĂ©es 1970, de la licence amĂ©ricaine Ă eau pressurisĂ©e. Cette filiĂšre est basĂ©e sur l’utilisation de l’eau comme caloporteur et modĂ©rateur[1] et sur la sĂ©paration du circuit primaire et du circuit secondaire, le premier Ă©tant maintenu Ă l’Ă©tat liquide malgrĂ© une tempĂ©rature moyenne de son eau de 310°C, grĂące Ă une pression de 155bars (d’oĂč le nom « eau pressurisĂ©e »). Le premier rĂ©acteur de ce type Ă avoir Ă©tĂ© arrĂȘtĂ© est celui de Chooz A, dans les Ardennes. Le dĂ©cret d’autorisation de dĂ©mantĂšlement complet a Ă©tĂ© obtenu en 2007 et, dĂ©but 2021, la dĂ©coupe des Ă©lĂ©ments prĂ©sents dans la cuve a Ă©tĂ© achevĂ©e. La dĂ©construction se terminera en 2024, aprĂšs la dĂ©coupe de la cuve du rĂ©acteur. EDF dĂ©montre, avec Chooz A, qu’elle maĂźtrise l’ensemble des Ă©tapes de la dĂ©construction d’un rĂ©acteur Ă eau pressurisĂ©e (REP) et qu’elle est en mesure de conduire un tel projet en 15 ans environ. Sur ces rĂ©acteurs, l’ensemble des dĂ©chets radioactifs produits disposent d’une filiĂšre de stockage existante ou en construction, les procĂ©dĂ©s de dĂ©coupe et de conditionnement sont maĂźtrisĂ©s et il n’y a pas de dĂ©fis techniques majeurs. Fessenheim permettra de mettre en application ce savoir-faire et de l’industrialiser en vue des projets de dĂ©construction des prochains REP arrĂȘtĂ©s.
Le cas particulier des réacteurs à neutrons rapides (RNR)
La spĂ©cificitĂ© des RNR, comme SuperphĂ©nix, rĂ©side dans leur systĂšme de refroidissement au sodium, mĂ©tal qui brĂ»le dans l’air et explose au contact de l’eau. Les plus gros travaux Ă mener sur le rĂ©acteur ont donc visĂ© Ă dĂ©velopper une solution d’inertage et de retrait du sodium radioactif. Cette solution, dĂ©veloppĂ©e en partenariat avec AREVA (aujourd’hui ORANO) est illustrĂ©e par le schĂ©ma ci-dessous :

Une fois la plupart du sodium retirĂ©, il a fallu dĂ©velopper des outils pour retirer les poches de sodium restant dans le circuit primaire. Des robots de dĂ©coupe ont Ă©tĂ© dĂ©veloppĂ©s pour atteindre et traiter ces rĂ©sidus. La cuve a ensuite Ă©tĂ© carbonatĂ©e avant d’ĂȘtre mise en eau. Actuellement, le chantier de dĂ©coupe des bouchons de la cuve est en cours ; il sera suivi prochainement de la dĂ©coupe des Ă©lĂ©ments prĂ©sents en partie basse de cette cuve qui est la plus grande cuve de rĂ©acteur nuclĂ©aire au monde.

Le cas particulier des réacteurs graphite
Une troisiĂšme filiĂšre de rĂ©acteurs est celle utilisant le graphite comme modĂ©rateur et le CO2 comme caloporteur. Elle date, en France, des annĂ©es 1960 oĂč le pays ne disposait pas encore de moyens d’enrichissement de l’uranium. Le combustible utilisĂ© Ă©tait donc de l’uranium naturel. Ces rĂ©acteurs, produit des Trente Glorieuses, Ă©taient les fleurons de l’industrie nuclĂ©aire civile mondiale et constituaient les premiers pas de la France dans la production d’Ă©lectricitĂ© de masse. Complexes Ă dĂ©construire, ils reprĂ©sentent de nombreux dĂ©fis techniques pour les ingĂ©nieurs qui travaillent sur les scenarii de dĂ©mantĂšlement :
- Le premier défi est leur taille : le « caisson » abritant le réacteur est un hexagone pouvant atteindre 50m de haut sur 30m de large.
- Le deuxiĂšme dĂ©fi est la diversitĂ© des matĂ©riaux que l’on y trouve : le caisson est constituĂ© d’une enceinte en bĂ©ton de 6 Ă 8 mĂštres d’Ă©paisseur. Sur certains rĂ©acteurs, cette enceinte est renforcĂ©e de cĂąbles de prĂ©contrainte horizontaux et verticaux (cĂąbles d’acier d’une dizaine de centimĂštres de diamĂštre). A l’intĂ©rieur de cette enceinte on trouve, en partie haute, un empilement de briques graphite de 2000 Ă 2500t. Dans les 3 derniers rĂ©acteurs construits (ceux de Saint-Laurent et de Bugey), la partie basse est occupĂ©e par un Ă©lĂ©ment de graphite et de mĂ©tal supportant l’empilement supĂ©rieur (l’aire-support de 600t environ) et par les Ă©changeurs de chaleur (sur les rĂ©acteurs de Chinon, ces derniers sont Ă l’extĂ©rieur de l’enceinte).
- Le dernier dĂ©fi est la gestion des dĂ©chets : le graphite Ă©tant un dĂ©chet Ă faible activitĂ© mais Ă vie longue, il ne dispose pas, Ă l’heure actuelle, de lieu de stockage dĂ©fini.

Afin de faire face Ă ces multiples dĂ©fis, EDF s’est alliĂ©e Ă Veolia, qui dispose de compĂ©tences Ă©prouvĂ©es en robotique, et a créé en 2019 une filiale dĂ©nommĂ©e Graphitech. Cette filiale a pour objectif de dĂ©finir les solutions de dĂ©coupe et de conditionnement des dĂ©chets issus des caissons des rĂ©acteurs UNGG. Graphitech exploitera le dĂ©monstrateur industriel en cours de construction aux abords de la centrale de Chinon pour qualifier ces solutions sur des maquettes Ă l’Ă©chelle 1 ou par des simulations numĂ©riques. Ce dĂ©monstrateur sera Ă©galement utilisĂ© pour entraĂźner les futurs opĂ©rateurs avant l’ouverture du premier caisson qui sera rĂ©alisĂ© sur Chinon A2.
Contrairement aux REP, la dĂ©construction d’un rĂ©acteur UNGG est une prouesse technique qui demande encore de nombreux dĂ©veloppements. Le dĂ©but des travaux sur le premier caisson est prĂ©vu en 2032, sa dĂ©construction devrait durer environ 25 ans et permettre de rĂ©aliser un retour d’expĂ©rience utile aux autres UNGG. La fin de dĂ©construction du dernier rĂ©acteur est actuellement prĂ©vue Ă l’horizon 2080.
Le financement
La France a chargĂ© l’exploitant d’assurer la dĂ©construction des rĂ©acteurs qu’il a fait fonctionner. EDF a donc prĂ©vu, dans ses comptes, les provisions nĂ©cessaires au dĂ©mantĂšlement de ses centrales nuclĂ©aires. Ces provisions sont placĂ©es sur des actifs dĂ©diĂ©s et leur utilisation Ă d’autres fins que la dĂ©construction est lĂ©galement proscrite. Le montant de ces provisions fait rĂ©guliĂšrement l’objet de rĂ©vision de la part de l’exploitant, selon l’Ă©volution des scenarii de dĂ©construction et l’avancement des projets. Il est Ă©galement contrĂŽlĂ© par la Cour des Comptes qui remet frĂ©quemment des avis sur la pertinence de sa valeur. Le montant actuellement provisionnĂ©, qui reprĂ©sente plusieurs milliards d’Euros, est considĂ©rĂ© comme pertinent au regard des scenarii retenus par l’exploitant et du retour d’expĂ©rience international.
Et ailleurs…
Actuellement, 181 rĂ©acteurs sont arrĂȘtĂ©s dans le monde et 200 autres devraient l’ĂȘtre d’ici 2035. Si les REP ne constituent pas une difficultĂ© technique majeure, leur nombre en font un enjeu Ă©conomique de premier ordre, tant pour les activitĂ©s de dĂ©construction proprement dites que pour celles liĂ©es au traitement des dĂ©chets. Ainsi, EDF, via sa filiale Cyclife, traite des dĂ©chets mĂ©talliques provenant de rĂ©acteurs allemands (Ă Cyclife SuĂšde) et anglais (Ă Cyclife UK).
Du cĂŽtĂ© des rĂ©acteurs graphite, seuls deux rĂ©acteurs, de petite taille, ont Ă©tĂ© dĂ©mantelĂ©s dans le monde. Tous les autres ont Ă©tĂ© placĂ©s « en sommeil » dans l’attente d’une solution. Le travail menĂ© en France avec Graphitech et le dĂ©monstrateur industriel en cours de construction suscitent de multiples intĂ©rĂȘts. Ainsi, un consortium nommĂ© Inno4graph a Ă©tĂ© constituĂ©, regroupant, sous le pilotage d’EDF, le CEA et des exploitants italiens, espagnols et lituaniens. Disposant de financements europĂ©ens, ce consortium vise Ă mettre en commun les Ă©tudes dĂ©jĂ rĂ©alisĂ©es par les diffĂ©rents exploitants et Ă proposer le dĂ©monstrateur pour tester les outils dĂ©veloppĂ©s dans les autres pays.
Au-delĂ d’Inno4graph, EDF travaille sur les projets de dĂ©mantĂšlement des AGR et des Magnox[1] exploitĂ©s par EDF Energy au Royaume-Uni. Par ailleurs, la DP2D rĂ©alise actuellement des Ă©tudes pour le scenario de dĂ©mantĂšlement du rĂ©acteur d’Ignalina, en Lituanie. Elle mĂšne des Ă©tudes de sĂ»retĂ© pour l’Espagnol ENRESA et sa centrale de Vandelos. Plusieurs Ă©changes ont Ă©galement eu lieu avec les Japonais de TokaĂŻ 1 et les Russes de Rosatom.
Enfin, concernant les RNR, l’expĂ©rience de SuperPhĂ©nix amĂšne Ă Ă©changer avec les Japonais de Monju qui s’intĂ©ressent au procĂ©dĂ© français de traitement du sodium.
En conclusion
La dĂ©construction des rĂ©acteurs nuclĂ©aires est une aventure complexe autant que passionnante. Elle est cependant souvent mĂ©connue du grand public, qui pense par exemple que rien n’est rĂ©alisĂ© et qu’aucun financement n’est prĂ©vu.
Or la France est, par de nombreux cĂŽtĂ©s, pionniĂšre dans le domaine du dĂ©mantĂšlement nuclĂ©aire. Avec l’Andra et ses centres de stockage de dĂ©chets, le Groupe EDF dispose des solutions parmi les plus sĂ»res, les plus Ă©prouvĂ©es et les mieux dimensionnĂ©es au monde. Les travaux autour de CIGEO constituent, eux aussi, des avancĂ©es scientifiques de premier ordre pour permettre de conjuguer les impĂ©ratifs d’une production Ă©lectrique dĂ©carbonĂ©e comme le nuclĂ©aire avec la prĂ©servation des gĂ©nĂ©rations futures. Enfin, ses installations d’entreposage, de conditionnement, d’incinĂ©ration et de fusion de dĂ©chets font d’EDF un acteur majeur de la gestion des dĂ©chets nuclĂ©aires en Europe.
Les travaux menĂ©s sur la dĂ©construction des rĂ©acteurs au graphite, des REP ou des RNR, sont Ă©galement des expĂ©riences d’avant-garde sur le plan mondial. Ils positionnent EDF comme un industriel capable d’accompagner les pays Ă©trangers dans la dĂ©construction, en toute sĂ»retĂ©, de leurs rĂ©acteurs, en se reposant sur la maĂźtrise technique acquise sur le territoire.
Les avancĂ©es technologiques rĂ©centes sont pleinement utilisĂ©es dans les mĂ©tiers de la dĂ©construction, avec des  solutions robotiques pour les dĂ©coupes ou les tĂ©lĂ©-opĂ©rations massivement employĂ©es. EDF a Ă©galement recours aux drones qui permettent d’inspecter les installations dont les dimensions ne permettent pas d’autres mĂ©thodes.
Enfin, des modĂšles numĂ©riques des sites permettent de tester virtuellement les implantations d’atelier, les cinĂ©matiques de levage ou d’Ă©vacuation de dĂ©chets. Ces avancĂ©es facilitent grandement les travaux d’Ă©tudes, fiabilisent les stratĂ©gies de dĂ©mantĂšlement et participent Ă la conservation de la mĂ©moire, qui constitue un Ă©lĂ©ment essentiel dans la rĂ©ussite de ces projets.

