Le 26 janvier 2026, Femmes & Sciences a remis à Anne Hidalgo, la Maire de Paris, la liste des 72 noms de femmes scientifiques à inscrire sur la tour Eiffel.
Alice Recoque fait partie des 72 femmes scientifiques dont les noms seront bientôt inscrits sur la tour Eiffel. Cette inscription rend hommage à des femmes qui ont marqué l’histoire des sciences et des techniques, mais dont les contributions ont longtemps été oubliées ou sous-estimées. Sa présence parmi ces 72 noms souligne l’importance de son rôle dans l’histoire de l’informatique et constitue une reconnaissance forte de son héritage scientifique.
Alice Recoque a été professeure à l’Isep dans les années 60-70, où elle a formé de nombreux ingénieurs pendant de nombreuses années. À travers son enseignement, elle a contribué à structurer l’apprentissage de l’informatique en France et à transmettre une vision rigoureuse, innovante et humaniste de la discipline.
Elle est aujourd’hui considérée comme l’une des grandes pionnières de l’informatique en Europe. Son travail a joué un rôle majeur dans le développement des premiers ordinateurs, de l’intelligence artificielle et de l’enseignement de l’informatique en France.
Née en 1929, Alice Recoque se passionne très tôt pour les sciences. Elle intègre l’École supérieure de physique et de chimie industrielles de la ville de Paris (ESPCI), où elle se forme comme ingénieure. À une époque où les femmes sont encore très rares dans les carrières scientifiques, elle s’impose par ses compétences et sa détermination.
Dans les années 1950, Alice Recoque rejoint le laboratoire de calcul de l’État, puis l’IRIA (Institut de recherche en informatique et en automatique, aujourd’hui l’INRIA). Elle participe à la conception des premiers ordinateurs français, notamment les machines de la série CAB (Calculateur Arithmétique Binaire), contribuant ainsi à faire de la France un acteur important de l’informatique naissante.
Elle s’intéresse particulièrement à l’architecture des ordinateurs, aux systèmes interactifs et à la relation entre l’homme et la machine. Elle comprend très tôt que l’informatique doit être pensée pour être accessible et utile à l’humain.
Dès les années 1960 et 1970, Alice Recoque réfléchit aux fondements de l’intelligence artificielle. Elle s’interroge sur les capacités des machines à reproduire certains mécanismes de l’intelligence humaine, tout en soulignant l’importance des limites éthiques. Cette réflexion fait d’elle une scientifique particulièrement en avance sur son temps.
Alice Recoque laisse l’image d’une scientifique visionnaire, rigoureuse et profondément humaniste, dont l’héritage reste essentiel dans le monde numérique contemporain.


